Parlons du mérou

J’adore le mérou. C’est mon poisson préféré car il est à la fois très gentil et comestible, comme une tentative futile de faire oublier à quel point il est moche. Oui bon, comme beaucoup d’autres bêtes de son espèce, il schlingue la poiscaille à t’en faire gerber par le nez mais trêve de quolibets, il mérite le respect, c’est un saint animal.

Car oui, bonnes gens, le mérou est un peu comme Jésus, il met de la joie dans les cœurs des pauvres pêcheurs du dimanche. Fiers qu’ils sont d’avoir réussi à faire souffrir puis tuer un être vivant de cette taille, les pêcheurs du dimanche retournent à leur petite vie misérable du lundi le torse bombé. C’est peut être un détail pour vous, mais pour eux, ça veut dire beaucoup. Leur infatuation est d’autant plus grotesque que ce poisson n’est même pas très bon. J’en sais quelque chose puisque j’en ai mangé tout récemment lors de mes dernières vacances au cœur de la région Rhône-Alpes.

Et là vous vous dites: « Noooon, il ne va quand même pas nous parler de ses vacances pourrav’ à Lyon ?? ».

Et bien si. Enfin presque puisque j’étais juste à coté: A Bagnols. Un petit bled qui possède un magnifique château  et dont la spécialité culinaire est justement le poisson en question. C’est d’ailleurs une spécialité bien singulière puisque le plat tout bonnement infecte. En effet, je me dois de vous mettre en garde si vous passez par là:  les mérous de Bagnols ont un vieux goût de pneu usé.